Me, myself and I...

C'est très con ce qu'il m'arrive...

Très très con même... dans mon boulot, enfin mon boulot de dans-trois-ans-et-demi, on est sensé soigner les gens. Mais les soignants, ils ne sont pas sensés être malades. ou alors juste des maladies de rien du tout, où on peut quand même aller au travail.

mais là je rencontre un hic. je suis in-ca-pa-ble d'aller en stage aujourd'hui (je n'ai pas l'assurance de dire "cette semaine" mais j'y pense fortement). C'est pas manque d'avoir envie. je ne demande que ca, moi, d'aller en stage. c'est un super stage, tout le monde est gentil avec moi, on me laisse même jouer à l'apprentie infirmière (et j'en suis pas peu fière...)... bref ces moments là on aimerait pas les voir gaspillés par un stupide mal de dos.

c'est pourtant ce qui m'arrive. pas le petit bobo au dos qui gene mais qui se fait oublier quand on n'y pense pas. je vous parle du MAL de DOS, le vrai, le seul, l'unique, le mal qui vous fait pleurer de douleurs et vous rendre compte que peu importe ce que vous faites, votre dos travaille pendant ce geste là. Vous vous mouchez? vous éternuez? vous avez le hoquet? vous voulez monter dans la voiture? ou mieux, fermer la porte de la voiture? le dos vous rappelle à l'ordre, avec un message sournois (sournois ET douloureux) genre "eyyyy minette je suis là, ne m'oublie pas hein"

Voila bref tout ca pour vous dire que ca faisait une semaine que je m'étais déplacé un nerf en toussant... ca restait un truc léger qui ne m'empechait pas de vivre... il se faisait sentir à l'occasion, juste assez pour que je me dise "faudra que je pense à régler ca". et depuis dimanche matin 10h, nous sommes passés dans une autre dimension. la dimension grande souffrance... la dimension où enfin on se rend compte que le dos, il travaille pour n'importe quel geste anodin de la journée... dimanche en urgence je suis allée voir mon rebouteux habituel qui fait ca très très bien (ben oui les nerfs coincés, je maitrise un peu le sujet) et là il a été un peu dépassé par l'ampleur. après 1h de massage et de douleurs, il m'a dit qu'il en avait enlevé une partie mais qu'il faudrait revenir... ca va de la taille à l'aisselle et bon dieu de bon dieu que ca fait mal...

donc voila, après une nuit très éprouvante où je n'ai presque pas pu dormir tellement la douleur me tenaillait, force est de constater que je ne suis pas en mesure de soigner des gens... je suis déjà incapable de me retourner dans mon lit sans souffrir, alors c'est pas pour porter des gens et courir partout... et j'oserais espérer que tout ca va se régler rapidement mais hélas je sais qu'il n'en est rien. dans la médecine classique, on va me faire suivre le circuit RADIO (qui ne montrera rien puisque ce sont des nerfs) SCANNER (idem) et bref beaucoup de temps perdu... je vais avoir des anti douleurs qui vont cacher la douleur mais qui ne régleront pas le problème et il est fort probable que jeudi matin pour mon examen je ne sois pas en mesure de le passer...

Bref voila les nouvelles, mon dos ma bataille, c'est un peu ca...

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Et ca continue encore et encore... c'est que le début d'accord d'accord...

Oui, ca continue, encore et encore... encore un décès dans mon service... une personne que j'avais en charge. j'ai appris son décès ce matin à 6h en prenant mon service, l'infirmière de nuit m'a demandée quelles étaient les deux personnes que j'avais en charge et m'a dit "c'est bien ce qui me semblait, Monsieur X est décédé cette nuit".

Sur le coup, j'ai accusé le choc mais ca a été... ce n'est qu'après... j'aurai du aller lui dire au revoir avant de partir vendredi... j'avais dit que je lui ferais un soin de bouche je ne l'ai pas fait... j'aurai du être plus à son écoute... enfin plein de "j'aurai du" sauf que non, je n'ai pas à culpabiliser, il est parti, il ne souffre plus, c'est la vie et puis c'est tout. Je ne suis pas responsable du fait que les humains ne sont que des pauvres mortels... j'ai essayé, dans mes faibles capacités, de rendre sa fin de vie meilleure... je me souviens l'avoir fait rire, je me souviens qu'il a souri, je sais qu'il a été entouré jusqu'à la fin, il savait que nous étions là, sa femme a été présente à ses côtés jusqu'au bout et il n'est pas mort seul, il est mort dans son sommeil, la meilleure chose qu'on pouvait lui souhaiter dans son malheur... il est mort sans s'en rendre compte, c'est ainsi que j'imagine ma mort...

Monsieur X, je pense à vous en ce jour pluvieux... à vous et à votre famille, vos amis... à votre manière vous m'avez fait grandir en me montrant votre courage...

Margaux, en mode ESI triste comme le temps

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Just in love again...

Juste amoureuse comme au premier jour... je fais mentir ce sale mois de novembre qui a fait se casser de nombreux couples autour de nous... beau fixe chez moi, pied de nez au sale et gris mois de novembre : on est passé au mois de décembre, na!

nous traversons, mon cher et tendre et moi, une nouvelle période de lune de miel... ya des moments comme ca, où c'est plus love que d'autres... des ptits mots doux, des "je t'aime" un peu partout, des tetes posées sur des épaules, des calins... plus que d'habitude et je ne vais pas m'en plaindre hein!

Juste envie de courir dans la neige et de faire avec lui un bonhomme de neige, envie de me blottir dans ses bras...

je t'aime mon coeur, mon âme, mon amour et mon tout...

 

Ta douce...

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bilan de mi-stage

Bilan mitigé comme il se doit, en bonne normande que je suis.

Je suis dans un super lieu de stage, le genre de lieu qu'on reve de faire, on est à mon écoute, on me laisse faire des choses, on me fait confiance, bref tout se passe bien de ce côté là.

Là où ca ne va plus, et ca ne vient que de moi, c'est mon rapport avec la maladie, ou plus exactement la maladie mortelle.

Je savais déjà que moi ce qui m'intéresse le plus, c'est le côté relationnel... (d'où mon intéret particulier pour la psychiatrie). Il est vrai que mes stages tout au long de mes 3 ans me permettront d'affiner mes choix, et j'attendais avec impatience le premier stage pour confirmer une vague impression que j'avais avant...

Impression à présent confirmée...

L'infirmière possède 5 rôles :
- La dimension éducative
- la dimension préventive
- la dimension de maintenance
- la dimension curative
- la dimension palliative

Pour les 4 premiers rôles je n'éprouve aucune difficulté. En revanche pour la dimension palliative, j'avoue que je ne peux pas. enfin je ne peux pas pour le moment. Peut-être que plus tard je m'endurcirais un peu. pour le moment, c'est trop dur pour moi...

Bien sur je n'aime pas voir souffrir les gens (qui aimerait ca). Mais je suis sure que ca ne me dérangerait pas de travailler chez des gens éprouvant de grandes souffrances si je savais qu'à la fin, ils ne meurrent pas. Je suis davantage dans une optique curative que palliative... voir les gens en sachant qu'ils vont mourir me fait terriblement mal...

Je me suis vraiment rendue compte de cette différence car dans mon stage il y a des gens qui sont malades mais guérissables... et des malades qui, eux, sont amenés à partir... et quand je le sais, j'essaye d'en faire abstraction mais cet après midi encore, en travaillant sur le dossier d'une des personnes que je prends en charge, j'ai eu les larmes aux yeux. et j'ai pleuré tout le long du retour. Un petit monsieur adorable, jamais malade de sa vie et bammm... et voila... il ne s'en rend pas compte et j'oserais dire qu'heureusement, inutile d'ajouter à son souci d'être hospitalisé.

Je pense que j'ai bien fait de ne pas faire médecine. jamais je n'aurai été capable de dire à une personne, les yeux dans les yeux, qu'il avait ceci ou cela et qu'il allait mourir... malgré toutes les précautions qu'on prend pour annoncer de telles nouvelles, une terrible annonce reste une terrible annonce, et le rôle de l'infirmière c'est aussi d'expliquer au malade ce qu'il a exactement. Très lourd et douloureux rôle je trouve...
J'assiste donc aux derniers jours, dernières semaines d'une vie bien remplie d'un homme qui ne sait pas ce qui l'attend, j'aimerais tant adoucir sa fin de vie... rien qu'en écrivant ca j'ai les larmes aux yeux. Le savoir mourant me fait terriblement mal... je trouve ca injuste... idée bizarre pour quelqu'un qui veut être infirmière et qui, en toute logique, est amenée à travailler avec des malades... mais voila, si cette personne avait un espoir de guérir, je sais que je ne serais pas dans cet état là.

J'espère que mes difficultés ne sont liées qu'au fait que je suis au tout début et pas encore protégée par ma carapace.... parce que sinon, je me prépare de longues années à pleurer chez moi sur les malheurs de mes patients. ca me touche énormément, cette souffrance, pas forcément manifestée par le malade (puisqu'il l'ignore) mais qui est quand même là... le monsieur dont je m'occupe ne souffre absolument pas... il est dans son lit, il est quasiment autonome, il se demande pourquoi il est là...

enfin voila, la dure réalité d'une ESI ptete un peu trop sensible... pourtant au début de la formation je ne me pensais pas si fragile... mais dès que le pronostic vital est attaqué, mes défenses s'effondrent... certains lieux me sont donc interdits, comme les unités SIDA où j'aurai tant voulu travailler...  Il me reste quand même des liux de travail possibles, mais travailler dans un service où la mort rode, je sais à présent que j'en suis incapable... et c'est fort dommage car le service dans lequel je suis est super...

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grand, très grand moment de solitude hier...

Voila, je suis en stage en ce moment et depuis lundi je suis les infirmières et essayant de tout assimiler le plus vite possible... évidemment les bourdes peuvent survenir à tout moment et j'ai plus ou moins réussi à tenir jusqu'à 18h sans faire trop de bétises...

mais à 18h, après avoir vu deux ou trois dextros, je me suis dit que j'étais grandement capable de le faire de moi même... me voilà donc trottinant gaiment et fièrement avec mon petit plateau, et tout mon attirail...

je toc toc, bonsoir mesdames, je viens vous faire votre glycémie capillaire... je fais tout comme on m'a dit, je nettoie le doigt, je le chauffe un peu, je mets la bandelette dans l'appareil, je sors le bitognot et là... premier moment de solitude parce que le pic, ben il sort pas... ben oui, on appuie sur le truc qui sort un petit piquant qui fait une petite goutelette de sang... mais rien ne sort...

perplexe, je re-trottine vers l'IDE en expliquant mon souci, elle me montre, elle m'explique, et me revoila re-re-trottinant vers ma chambre

je refais mon scénario, je nettoie le doigt, je le chauffe, je le gonfle, je fais comme l'IDE m'a montrée, et toute fière, je mets le bitognot sur le doigt de la patiente et, la voix plein d'espoir, j'ai demandé "vous avez été piquée là?"

et là, la dame elle me répond "mais non". deuxième GRAND moment de solitude... et moi, perplexe, honteuse et avec la forte envie de me glisser dans un trou de souris, sauf qu'il n'y en a pas... je retourne pour la deuxième fois vers l'IDE qui devait m'avoir élue super boulet mais qui a été adorable et a juste eu un petit sourire... et elle m'a montré... le bitognot... je l'avais mis à l'envers...

grands, grands moments de solitude...

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