bilan de mi-stage
Bilan mitigé comme il se doit, en bonne normande que je suis.
Je suis dans un super lieu de stage, le genre de lieu qu'on reve de faire, on est à mon écoute, on me laisse faire des choses, on me fait confiance, bref tout se passe bien de ce côté là.
Là où ca ne va plus, et ca ne vient que de moi, c'est mon rapport avec la maladie, ou plus exactement la maladie mortelle.
Je savais déjà que moi ce qui m'intéresse le plus, c'est le côté relationnel... (d'où mon intéret particulier pour la psychiatrie). Il est vrai que mes stages tout au long de mes 3 ans me permettront d'affiner mes choix, et j'attendais avec impatience le premier stage pour confirmer une vague impression que j'avais avant...
Impression à présent confirmée...
L'infirmière possède 5 rôles :
- La dimension éducative
- la dimension préventive
- la dimension de maintenance
- la dimension curative
- la dimension palliative
Pour les 4 premiers rôles je n'éprouve aucune difficulté. En revanche pour la dimension palliative, j'avoue que je ne peux pas. enfin je ne peux pas pour le moment. Peut-être que plus tard je m'endurcirais un peu. pour le moment, c'est trop dur pour moi...
Bien sur je n'aime pas voir souffrir les gens (qui aimerait ca). Mais je suis sure que ca ne me dérangerait pas de travailler chez des gens éprouvant de grandes souffrances si je savais qu'à la fin, ils ne meurrent pas. Je suis davantage dans une optique curative que palliative... voir les gens en sachant qu'ils vont mourir me fait terriblement mal...
Je me suis vraiment rendue compte de cette différence car dans mon stage il y a des gens qui sont malades mais guérissables... et des malades qui, eux, sont amenés à partir... et quand je le sais, j'essaye d'en faire abstraction mais cet après midi encore, en travaillant sur le dossier d'une des personnes que je prends en charge, j'ai eu les larmes aux yeux. et j'ai pleuré tout le long du retour. Un petit monsieur adorable, jamais malade de sa vie et bammm... et voila... il ne s'en rend pas compte et j'oserais dire qu'heureusement, inutile d'ajouter à son souci d'être hospitalisé.
Je pense que j'ai bien fait de ne pas faire médecine. jamais je n'aurai été capable de dire à une personne, les yeux dans les yeux, qu'il avait ceci ou cela et qu'il allait mourir... malgré toutes les précautions qu'on prend pour annoncer de telles nouvelles, une terrible annonce reste une terrible annonce, et le rôle de l'infirmière c'est aussi d'expliquer au malade ce qu'il a exactement. Très lourd et douloureux rôle je trouve...
J'assiste donc aux derniers jours, dernières semaines d'une vie bien remplie d'un homme qui ne sait pas ce qui l'attend, j'aimerais tant adoucir sa fin de vie... rien qu'en écrivant ca j'ai les larmes aux yeux. Le savoir mourant me fait terriblement mal... je trouve ca injuste... idée bizarre pour quelqu'un qui veut être infirmière et qui, en toute logique, est amenée à travailler avec des malades... mais voila, si cette personne avait un espoir de guérir, je sais que je ne serais pas dans cet état là.
J'espère que mes difficultés ne sont liées qu'au fait que je suis au tout début et pas encore protégée par ma carapace.... parce que sinon, je me prépare de longues années à pleurer chez moi sur les malheurs de mes patients. ca me touche énormément, cette souffrance, pas forcément manifestée par le malade (puisqu'il l'ignore) mais qui est quand même là... le monsieur dont je m'occupe ne souffre absolument pas... il est dans son lit, il est quasiment autonome, il se demande pourquoi il est là...
enfin voila, la dure réalité d'une ESI ptete un peu trop sensible... pourtant au début de la formation je ne me pensais pas si fragile... mais dès que le pronostic vital est attaqué, mes défenses s'effondrent... certains lieux me sont donc interdits, comme les unités SIDA où j'aurai tant voulu travailler... Il me reste quand même des liux de travail possibles, mais travailler dans un service où la mort rode, je sais à présent que j'en suis incapable... et c'est fort dommage car le service dans lequel je suis est super...
Par Margaux Me, myself and I, Vendredi 30 Novembre 2007 à 18:13 GMT+2 dans ya pas que les cours dans la vie (article, RSS)




